La nuit a été plus calme que ce que l’on aurait cru. Notre emplacement était juste devant les cuisines et sur le chemin vers les toilettes. Autant hier soir, les gens n’étaient pas très respectueux du silence, autant ce matin, nous n’avons entendu personne.

Cela n’empêche pas Alex d’aller demander un autre emplacement pour ce soir.

Une fois le changement validé, on peut prendre la route des baies de la péninsule.

On commence par la baie de Okains. Pour y aller, nous devons remonter sur la route des sommets (qui fait le tour de la péninsule), puis redescendre par une route un peu étroite, mais aussi très peu empruntée.

On arrive sur une superbe petite plage, un genre de crique mais en bien plus grand. On marche un peu dans le sable humide, on est à marée basse, en cherchant des coquillages à perles. On en ressortira bredouille !

On jette un œil dans une grotte creusée dans la falaise. On y entend les vagues alors qu’il n’y a pas de galerie qui mène à la mer, du moins pas visible.

On a un peu l’impression d’être seul au monde et c’est ce que doivent ressentir les quelques habitants de cette baie. Petites pensées aux enfants, car il y a une école ici, et donc des enfants.

On reprend Choubivan et on prend une route secondaire qui relie cette baie à la baie de little Akaloa. On passe par Rocky beach, qui est une plage privée. Ou du moins on le pense car il n’y a qu’une route pour y aller, qui passe par la seule maison du coin. Si ça ce n’est pas vivre en ermite, alors là on ne voit pas. Et en plus, c’est habité à l’année car il y a des vaches et des moutons partout.

Bref, ça peut faire envie mais seulement pour quelques temps.

On arrive à Little Akaloa qui est un peu plus habitée, avec de superbes maisons comme toujours, avec une vue de fou bien sûr. La baie consiste en une petite plage de sable noir volcanique. L’eau est verte émeraude, ce qui tranche avec l’eau bleue foncée de la baie précédente. C’est d’ailleurs très bizarre d’avoir un aussi grande différence à quelques kilomètres seulement (enfin à vol d’oiseau ça doit pas faire plus de quelques centaines de mètres en fait).

Le temps file et il nous faut nous rediriger vers Akaroa (la grande ville!).On remonte sur la route des sommets et on rentre en la suivant le plus possible. Cela nous permet de voir les nuages qui arrivent à la vitesse grand V vers nous. On roule jusqu’à la ville et on se trouve une petite place sympa.

On mange notre pique-nique dans Choubivan et on se prépare tranquillement. Pour quoi nous direz-vous et bien pour notre croisière dans la baie à la recherche des dauphins Hector, les plus petits du monde.

On prend les polaires, les coupes vent et les bandeaux, comme ça on est paré.

On flâne un peu sur le trajet, Alex trouve son drapeau, mission accomplie.

On traîne même un peu trop et on doit presque courir pour aller à l’embarcadère. Heureusement, on peut monter à bord.

On se met à l’avant du bateau quand les autres, en short et débardeur, se mettent bien au chaud à l’intérieur. On est des vrais ou on ne l’est pas.

On navigue en direction de l’estuaire de la baie. Le capitaine nous explique quelques petites choses sur l’histoire et la géographie de la péninsule, mais il ne faut pas se mentir, on est là que pour les dauphins.

Au bout de 30 minutes, on se stoppe et le capitaine nous dit que l’équipage a vu des dauphins. Tout le monde scrute mais la surface de l’eau est immense.

Puis tout à coup, on en voit deux qui nagent vers nous à la surface et replongent aussitôt. Et rebelote quelques secondes plus tard. On passe tous d’un côté à l’autre du bateau car il passe en dessous.

Nous avons droit à un vrai spectacle, il y en a plein qui nous tournent autour, qui sautent même. C’est le rêve pour nous et surtout pour les poulettes. Elles sont ébahies et scrutent l’eau dans tous les sens pour essayer d’en voir le plus possible.

Le bateau redémarre progressivement et ils nous suivent. Comme dans les documentaires à la télé, ils font la course avec le bateau et sautent juste devant nous.

On n’est pas déçu, rajoutons à cela deux pingouins pygmées qui nagent pas très loin du bateau et on y est.

On continue notre navigation et on voit de plus en plus de dauphins. Ils sautent au loin, nagent près de nous, on ne sait plus où donner de la tête.

On commence à se rapprocher de la fin de la baie et les vagues deviennent plus hautes. A la proue, on se croirait sur des montagnes russes tellement on saute. Les filles sont plus ou moins rassurées mais les dauphins les canalisent pas mal. On pense que sans toutes ces vagues, il y en aurait peut être moins qui joueraient.

On sort de l’estuaire et on vogue le long des falaises. On voit le paysage volcanique accidenté avec les strates délimitées par l’eau au fil des siècles.

Le capitaine nous emmène dans une petite crique pour voir un genre de coulée de lave mais verticale. C’est plutôt bizarre mais on ne connaît pas assez cela pour comprendre la rareté du phénomène.

Juste à côté, il y un genre de presqu’île avec des centaines de mouettes et des otaries. Nous aurons aussi droit à un spectacle d’otaries dans l’eau qui sautent.

Une sortie parfaite !

Puis on prend le chemin du retour, on croise encore des dauphins et même un dernier pingouin. Pour couronner le tout, le soleil sort de derrière les nuages et nous révèle la couleur de l’eau en vrai. C’est pas mal, on vous invite à voir les photos.

Toutes les bonnes choses ont une fin, on revient donc à Akaroa et on débarque du bateau, des étoiles (et des dauphins) pleins les yeux. On retrouve Choubivan et on se gare en centre ville pour faire quelques achats. On commence par une bonne baguette, on est dans un village français quand même. Hier, on avait repéré une boucherie qui avait l’air d’avoir de bonnes choses. On ressortira avec des rillettes, 2 chorizos à poêlés et 2 saucisses de Toulouse excusez du peu !

On rentre au camping investir notre nouvel emplacement qui est bien mieux.

Après la douche, on débriefe devant un bon apéro rillettes-pain.

Nous sommes unanimes, la croisière est la meilleure idée de la journée. Les Choubidous valident Black Cat cruise, qui nous a même offert une petite carte postale souvenir avec des dauphins dessus.

La soirée est consacrée à la suite de l’itinéraire, mais on ne se prend pas trop la tête car c’est le soleil qui décide de là où l’on ira.

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